Chats et biodiversité : et si nous oubliions une partie de l'équation ?
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🌿Biodiversité

Partie 1 – Les rats, des acteurs souvent oubliés de nos écosystèmes
Par l'équipe Royal Bourbon 97Cat
Lorsqu'on évoque la protection de la biodiversité à La Réunion, les chats errants occupent souvent le devant de la scène. Leur impact sur certaines espèces endémiques, notamment les oiseaux marins nicheurs comme le Pétrel de Barau, est aujourd'hui largement documenté.
Mais un autre acteur joue lui aussi un rôle majeur dans nos écosystèmes, tout en restant beaucoup plus discret dans le débat public : le rat.
Espèce exotique envahissante, il représente à la fois un enjeu écologique et un enjeu de santé publique.
Avant de s'interroger sur les interactions entre les différentes espèces, il est essentiel de mieux comprendre ce prédateur particulièrement bien adapté à notre environnement.
Deux espèces bien présentes à La Réunion
À La Réunion, deux espèces de rats sont principalement présentes :
Le rat noir (Rattus rattus), très répandu dans les milieux naturels. Excellent grimpeur, il fréquente les forêts, les ravines et les zones de nidification des oiseaux. Il est reconnu comme un important prédateur des œufs, des poussins, de certains reptiles, d'invertébrés et de graines.
Le rat brun ou surmulot (Rattus norvegicus), davantage présent dans les zones urbaines, les exploitations agricoles, les égouts et à proximité des habitations. Il constitue le principal réservoir de la leptospirose.
Toutes deux sont considérées comme des espèces exotiques envahissantes et font l'objet de programmes de surveillance et de gestion.
Une capacité de reproduction impressionnante
Si les rats sont aujourd'hui présents sur tous les continents, ce n'est pas un hasard.
Leur formidable capacité de reproduction explique en grande partie leur succès.
Une femelle peut devenir fertile dès l'âge de 5 à 8 semaines.
Sa gestation dure seulement 21 à 23 jours.
Chaque portée compte généralement 6 à 12 petits, parfois davantage lorsque les conditions sont favorables.
Et quelques semaines après leur naissance, ces jeunes sont déjà capables de se reproduire à leur tour.
Dans un environnement où nourriture et abris sont abondants, un seul couple peut être à l'origine de plusieurs centaines, voire de plusieurs milliers de descendants en une année.
Cette dynamique explique pourquoi les populations de rats peuvent augmenter très rapidement lorsque les conditions leur sont favorables.
Des prédateurs redoutables
Omnivores et opportunistes, les rats adaptent leur alimentation aux ressources disponibles.
Ils consomment notamment :
œufs et poussins d'oiseaux ;
jeunes reptiles ;
insectes et autres invertébrés ;
graines et jeunes pousses ;
fruits ;
déchets alimentaires ;
aliments destinés aux animaux domestiques ou d'élevage.
Sur les îles, où de nombreuses espèces ont évolué en l'absence de prédateurs terrestres, cette prédation peut avoir des conséquences importantes.
C'est pourquoi les rats sont aujourd'hui considérés comme l'une des principales menaces pesant sur la biodiversité insulaire dans de nombreuses régions du monde.
Un enjeu majeur de santé publique
Les rats ne représentent pas uniquement une menace pour la biodiversité.
Ils constituent également le principal réservoir de la bactérie responsable de la leptospirose.
Cette maladie est transmise indirectement par les urines des rongeurs, qui contaminent les sols humides, les flaques d'eau, les rivières ou les zones inondées.
L'être humain peut être infecté lors d'un contact avec une eau ou une terre contaminée, notamment par une petite plaie ou une muqueuse.
À La Réunion, le climat tropical favorise malheureusement la survie de cette bactérie.
Les fortes pluies, les épisodes cycloniques, l'humidité et la chaleur créent des conditions propices à sa diffusion.
En 2026, Santé publique France a d'ailleurs signalé une recrudescence des cas de leptospirose sur l'île, rappelant que cette maladie reste un enjeu sanitaire majeur.
Pourquoi est-il si difficile de contrôler les rats ?
Au-delà de leur reproduction rapide, les rats possèdent d'autres qualités qui expliquent leur extraordinaire capacité d'adaptation.
Ils sont intelligents, méfiants, apprennent rapidement à éviter les dangers et savent exploiter pratiquement toutes les sources de nourriture mises à leur disposition.
Ils nagent, grimpent, creusent, s'adaptent aux milieux urbains comme aux milieux naturels et profitent de la moindre faille : déchets alimentaires, composts mal protégés, nourriture laissée à l'extérieur ou bâtiments offrant des refuges.
La lutte contre les rats ne repose donc pas uniquement sur la dératisation.
Elle nécessite également une bonne gestion des déchets, des mesures de prévention et une approche globale de l'environnement.
Une question mérite d'être posée
Face à une telle capacité d'adaptation, une interrogation apparaît naturellement.
Quels sont les facteurs qui contribuent à limiter les populations de rats dans un écosystème insulaire ?
Les campagnes de dératisation en font partie.
Mais qu'en est-il des autres espèces présentes dans cet écosystème ?
Les interactions entre prédateurs peuvent-elles influencer l'équilibre de la biodiversité ?
C'est précisément ce que nous allons explorer dans la seconde partie de ce dossier, à travers plusieurs études scientifiques menées sur différentes îles du monde… et les travaux réalisés à La Réunion.
Sources
Parc national de La Réunion – Documentation sur les espèces exotiques envahissantes (rats noirs et surmulots).
Santé publique France – Bulletins de surveillance de la leptospirose à La Réunion (2026).
Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) – Global Invasive Species Database.
Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) – Informations scientifiques sur la leptospirose.

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